Vincennes: du galop au trot

Petit détour par le trot ce mois-ci et pour cause, le mythique meeting d’hiver de Vincennes vient d’ouvrir ses portes, et ce pour les 5 mois à venir. Au total ce sera pas moins de 753 courses réparties en 91 réunions pour le plus grand meeting du monde !

Des belles courses, des préparatoires, des courses de Groupe et surtout LA course ; Le Prix d’Amérique, courue chaque année le dernier dimanche de janvier. Une semaine plus tôt se court également l’équivalent mais au « monté » le Prix de Cornulier, là aussi les meilleurs de la discipline s’affrontent pour offrir un magnifique spectacle digne de ce nom.

Il est vrai que l’on court déjà beaucoup tout au long de l’année à Vincennes, puisque c’est quand même la référence pour les trotteurs, mais le meeting offre une saveur particulière et beaucoup y sont attachés. Il n’est pas rare d’ailleurs d’y croiser pour les belles des personnalités du plat, après tout… les courses restent les courses !

Une quinzaine de dates vont marquer tout au long de l’hiver ce meeting. On reviendra dessus car elles marquent à chaque fois un moment important pour les échéances des bons chevaux.
Mais d’abord, et comme on aime le faire, un peu d’histoire afin de savoir comment a été créé Vincennes, dans quel but et les différentes évolutions qui lui ont permis de devenir le temple du trot.

VINCENNES AVEC UN GRAND V

Les débuts

Si aujourd’hui l’indice kilométrique est la référence, que l’on compte les passages au chronomètre et que l’on est disqualifié au bout de quelques foulées de galop, il n’a pas toujours été le cas. En effet, Vincennes fut à son inauguration le 23 mars 1863 un hippodrome de galop, et même d’obstacle puisque ce même jour, devant 100 000 spectateurs se sont courues trois épreuves sur les balais. Mais les choses ne vont pas durer, désaffecté puis servant de champ de tir ou encore de champ de manœuvre, Vincennes réappartient aux courses une fois la guerre franco-prussienne terminée et cette fois-ci le trot apparaît à partir de l’automne 1879. Jusque-là, les courses d’obstacle et de trot cohabitent tant bien que mal, mais c’est le trot qui va s’installer, notamment en créant le fameux meeting d’hiver qui est lancé à partir de 1906 ! Quatre ans plus tard, on court déjà près d’une quarantaine de réunions et après la guerre, le trot devient la principale discipline qui se court sur l’hippodrome.

📸 candidus, La Mémoire au Présent

Le Prix d’Amérique

C’est après la première guerre mondiale que Vincennes va frapper un deuxième gros coup !

Émile Riotteau, homme politique français, qui fut notamment Député, Maire et Sénateur, membre du Conseil supérieur des haras et président de la société du demi-sang de 1898 à 1927 entre autres, a, avec son équipe dirigeante, l’ambition de créer une course prestigieuse, une course qui va attirer le monde entier, une course sur laquelle tout le monde aura les yeux rivés. Il va ainsi créer le Prix d’Amérique. D’ailleurs ce nom a une histoire, puisqu’Émile Riotteau va lui donner cette appellation en remerciement aux alliés américains pour leur aide lors de la guerre.

Ainsi la course prend place dans le programme dès la réouverture de Vincennes en mai 1919, et la première édition du Prix d’Amérique a lieu le 1er février 1920.
Pro Patria en sera le premier gagnant.

Puis c’est l’expansion de Vincennes et son meeting d’hiver. On compte en 1925 déjà près de 68 réunions à l’année. Ses premiers champions aussi, qui vont écrire les premières lignes de la légende de Vincennes.
Uranie en 1930 par exemple, une jument qui va pour sa dernière participation à la plus belle course pour les trotteurs rendre 75 mètres et échouera de peu pour la victoire.

En 1934, après une faible mais tout de même présente présence du galop dans l’enceinte du plateau de Gravelle, c’est la fin définitive de l’obstacle à Vincennes. Auteuil s’est depuis quelques années déjà bien installé sur la Butte Mortemart, et les courses vont désormais prendre place pour partie sur ce nouveau champ de course pratiquement tout neuf et destiné intégralement à l’obstacle !

Vincennes devient à part entière le « Temple du trot »

L’ÉVOLUTION DU TEMPLE

Le 17 novembre 1947 les courses reprennent à Vincennes et dès l’hiver 1948 le Prix d’Amérique retrouve sa place dans un nouvel écrin. Quatre années plus tard, René Baillière a l’idée de courir en nocturne.

Les courses de trot répondent à une demande autant spectatrice qu’actrice et les réunions se multipliant, cette idée va sublimer la discipline et permettre la création d’une piste plate, plus petite, où seront installés 600 projecteurs. La première réunion se disputera le 20 juin, avec 6 courses au programme.

📸 Hippodrome de Vincennes

Vincennes connaîtra ensuite de nombreuses autres améliorations, certaines apportées par petites touches ou d’autres bien plus remarquées.

C’est le cas en 1983 avec le nouveau Vincennes. Un grand hall, des tribunes et une capacité de 40 000 personnes. Un écran géant également, pas moins de 100 mètres carrés, pour contenter spectateurs, parieurs, professionnels… bref tous ceux qui vont aux courses.
Vincennes est grand, il impressionne et les courses de trot connaissent une vraie popularité, sans doute grâce au roi fainéant, le grand champion Ourasi ! C’est ainsi qu’en 1989, François Mitterrand deviendra le premier et unique Président de la République à se rendre aux courses.
Mais Vincennes n’est pas rassasié.

En 1993, on veut encore plus de spectacle. Ce sera en augmentant la vitesse des chevaux. On fait donc incliner la grande piste. Vincennes s’affirme encore plus et devient l’hippodrome de tous les superlatifs.

L’hippodrome numéro un aura bien de belles histoires à vous raconter, notamment avec ses chevaux de légende, qui vont écrire leur histoire en même temps que Vincennes écrit la sienne.

Des histoires toujours plus passionnantes les unes que les autres tant Vincennes a vu tous les plus grands trotteurs, français comme étrangers, briller à leur summum. Des histoires passionnantes, nostalgiques mêmes, que l’on ne manquera pas de vous conter dans les prochains épisodes !

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