SECRÉTARIAT
C’est le 30 mars 1970 que Secretariat voit le jour en Virginie, aux États-Unis, chez Penny Chenery, son éleveuse. Resté auprès d’elle après un coup de pile ou face, ce cheval que peu ont considéré à sa naissance est devenu une véritable légende des courses mondiales. Quatrième pour ses débuts après une fantastique remontée, il gagne les Hopeful Stakes, premier Groupe 1 pour 2 ans de la saison américaine. D’ailleurs, durant son année de 2 ans, il gagnera 7 de ses 9 courses et termine l’année en étant élu « Meilleur 2 ans de l’année »

À 3 ans, il remporte de nombreuses courses de Groupe et notamment la « Triple Couronne », qui est une série de trois courses de Groupe 1 pour les 3 ans, sur trois distances différentes. Il faut ainsi gagner le Kentucky Derby (2000 mètres), les Preakness Stakes (1900 mètres) et les Belmont Stakes (2400 mètres) pour être sacré de la Triple Couronne. Seulement 12 chevaux l’ont réussi depuis Sir Barton en 1919 ! Premier cheval à descendre sous les deux minutes pour sa première fois sur 2000 mètres, Secrétariat détient aujourd’hui encore le record historique de 1″59″40 ! Ses statistiques sont ahurissantes à chaque sortie. Gagnant par plusieurs longueurs sur chacune des trois courses de l’épreuve, il remporte la troisième course en devançant le deuxième de 31 longueurs… et effectue les temps les plus rapides de l’histoire dans chacune des épreuves. Pour sa première sur le gazon, il remporte le Man o’War (course qui rend hommage à ce crack du même nom) Gr.I par 5 longueurs.

Il fera ses adieux au Canada en gagnant par plus de 6 longueurs. Il recevra le titre de « Meilleur 3 ans de l’année ». On lui attribuera également le titre de « Meilleur cheval de l’année sur gazon ». En 1974, il entrera au Musée National des courses ainsi qu’au Hall of Fame. Il devient le premier cheval à faire la couverture de Time Magazine, Newsweek et Sports Illustrated la même semaine. En 1999, il devient le seul non humain à figurer parmi les 50 plus grands athlètes du siècle d’ESPN ! Descendant direct d’Eclipse (un des trois étalons chef de race), il aura la particularité tout comme son ancêtre de posséder un énorme cœur de 11 kilos ! Ce cheval, facile à monter, en atteste l’utilisation de toutes les tactiques de courses pour ses sorties, obtiendra le 3e meilleur rating de l’histoire (144) derrière Sea Bird (145) et Frankel (147). Une statue à son effigie a été érigée à Belmont Park, lieu de sacre de sa 3e course pour la triple couronne. Un film retraçant son histoire a même été tourné et paru en 2011 déjà !

SEA BIRD II
Propriété de Jean Ternynck qui est également son éleveur, Sea Bird II est considéré comme l’un des meilleurs chevaux de l’histoire.

8 courses, 7 victoires dont 5 Groupes 1 et deux Groupes 2, il a peu couru mais il a été exceptionnel à chacune de ses sorties. Il débute sa carrière à l’âge de deux ans, où il va être vu à trois reprises. Sous l’entraînement d’Etienne Pollet, il débute victorieux à Chantilly, avant de remporter le Critérium de Maisons-Laffitte sur 1400 mètres. Seule fois de sa carrière où il ne terminera pas premier, il s’incline dans le Grand Critérium, deuxième derrière Grey Dawn un autre pensionnaire de Monsieur Pollet. Il va ainsi hiverner avant de faire sa rentrée en avril pour remporter le Prix Greffuhle Gr.II puis le Prix Lupin qui est sa première victoire de Groupe 1.
La décision sera prise ensuite d’aller défier les Anglais chez eux, sûrement pour démontrer sa classe et gagner un peu en notoriété. Il va ainsi battre les Anglais sur leur terrain dans le Derby d’Epsom Gr.I ! De retour en France, son programme s’articule désormais avec un objectif: le Prix de l’Arc de Triomphe, le graal des Groupes 1. Il enchaîne donc avec le Grand Prix de Saint-Cloud (Groupe 1), lui qui aura gagné sur les distances allant de 1400 à 2500 mètres !
Il termine sa carrière avec une victoire dans l’Arc, qui sera également une rentrée depuis son Groupe 1 le 4 juillet à Saint-Cloud. Il reléguera à 6 longueurs son dauphin, en faisant exploser le peloton en éclat, les chevaux termineront éparpillés un peu partout sur la piste, une démonstration en guise d’adieu. Il aura battu une nouvelle fois le deuxième du Derby d’Epsom qui avait entretemps raflé deux Groupes 1, l’Irish Derby et les King Georges, mais également un vainqueur du Jockey Club Gr.I, un vainqueur des Preakness Stakes, Groupe 1 aux États-Unis sur 1900 mètres et une gagnante du Prix de Diane Gr.I, sans oublier un vainqueur du Prix Ganay Gr.I… Bref que des concurrents de taille qu’il aura littéralement asphyxiés en survolant la course. Timeform lui donnera un rating de 145, soit le plus haut rating jamais enregistré et qui sera dépassé que par Frankel 50 ans plus tard ! Devenu étalon, il produira au haras 63 poulains pour 1 551 524€ d’allocations.
CRACKSMAN
« CRACKSMAN QUI PREND UNE LONGUEUR, DEUX LONGUEURS, TROIS LONGUEURS, QUATRE LONGUEURS D’AVANCE, FORMIDABLE CRACKSMAN QUI VA TRIOMPHER DANS UN INCROYABLE PRIX GANAY EXTRAOOOORDINAIRE ICI »
Encore une fois les commentaires de Stéphane Costes viennent sublimer la performance impressionnante d’un Cracksman hors de portée, remportant le Prix Ganay 2018 de toute une classe.

Casaque de son propriétaire-éleveur Anthony Oppenheimer, élu « Meilleur cheval du monde en 2018 » Cracksman justifie d’un palmarès de 11 courses pour 8 victoires dont 6 victoires de Groupe et 4 Groupes 1. Ce fils de Frankel issu de la première année de production de son père a su lui faire honneur. Cheval anglais entraîné par John Gosden et monté par Lanfranco Dettori, il débute victorieux sur l’hippodrome d’Epsom à l’octobre de ses deux ans, associé pour l’unique fois à Robert Havlin, Lanfranco étant retenu sur un certain Stradivarius, entraîné par le même entraîneur, multiple lauréat par la suite de Groupes 1, devenant le meilleur stayer de sa génération. Pour sa deuxième sortie, 6 mois plus tard et un bon hiver passé, il remporte la Listed préparatoire au Derby d’Epsom Gr.I devant un poulain vainqueur deux semaines plus tard des Dante Stakes, une autre préparatoire au Derby. Dans la belle, il termine troisième derrière Wings of Eagle et Cliffs of Moher, encore un peu vert, manquant de métier à ce niveau. Un mois plus tard, il prend sa revanche sur Wings of Eagle dans l’Irish Derby, mais sera une nouvelle fois battu par un autre cheval de classe, Capri. Durant l’été, il retrouve le chemin de la victoire dans un Groupe 2 disputé à York et lance sa série de 5 victoires d’affilée, uniquement des « Groupe » dont 3 Groupes 1 à la suite, remportant au passage le Prix Niel préparatoire au Prix de l’Arc de Triomphe ! Mais problème, Enable, une autre représentante de l’entraînement Gosden doit y participer également ! Son propriétaire décidera d’orienter le cheval dans les Champions Stakes à Ascot qu’il va remporter avec 7 longueurs d’avance.
Il sera sacré cette année la « Meilleur 3 ans Européen de l’année » obtenant le 3e rating mondial de la FIAH derrière Winx, la jument australienne, mais devant Enable !
Pour sa rentrée à 4 ans, son entourage va choisir le Prix Ganay Gr.I où il va faire une démonstration en pulvérisant ses adversaires, et notamment Cloth of Stars qui s’est classé 2e et 3e de l’Arc de Triomphe en deux participations. Cheval puissant, il galope avec des foulées impressionnantes et trouve le moyen d’utiliser sa force, certainement ce qui lui manquait au début de sa carrière. Il enchaîne dans un moins bon style mais avec des excuses en gagnant à Epsom avant d’être battu à Ascot 20 jours plus tard dans les Prince of Wales’s Stakes Gr.I. À nouveau la question d’une participation dans l’Arc resurgit. Déjà après son impressionnante démonstration dans le Prix Ganay, les bruits couraient, mais le terrain étant trop léger pour lui, il sera préféré de programmer sa dernière sortie dans les Champions Stakes Gr.I
Son entourage mettra toutes les chances de son côté et ira jusqu’à lui mettre les œillères pleines, lui qui devenait étalon dans son comportement et se montrait de moins en moins concentré sur son travail. Ce sera une énième démonstration et une sortie par la grande porte, reléguant son dauphin, Crystal Océan, à 6 longueurs !
En tout, il aura rapporté à son entourage plus de 3 millions de gains. Cracksman entame ainsi sa nouvelle vie au haras et devient étalon au haras de Dalham Stud à Newmarket. Il va produire plus de 100 poulains, pour plus d’un million et demi d’euros d’allocation totale, produisant notamment l’un des favoris du prochain Prix de l’Arc de Triomphe: Ace Impact
KATKO
Place au premier produit de Kotkie !
« Cheval de l’histoire », « Roi d’Auteuil » ou encore « Sauteur du siècle », on ne manque pas d’éloges pour ce grand alezan, incroyable steeple-chaser qui a remporté à trois reprises le Grand Steeple-Chase de Paris Gr.I

Propriété, et élevage du haras des Coudraies, appartenant au Comte Pierre de Montesson, Katko fait partie de la superbe lignée des « K »
Sous l’entraînement de Bernard Secly, il gagne dès ses débuts dans le Prix Finot, Listed. Il remporte ensuite le Prix Ferdinand Dufaure Gr.I puis le Prix Maurice Gillois Gr.I la même année, qui sont les deux Groupes 1 de l’année pour les 4 ans en steeple. S’ensuivront deux ans d’invincibilité, dix victoires en dix sorties, entre 1987 et 1989, en enlevant toutes les préparatoires pour le « Grand Steeple » avant de le remporter. Et cela à deux reprises, pour réaliser le doublé Grand Steeple-Chase de Paris Gr.I – Haye Jousselin Gr.I en 1989.
Il perdra ensuite son invincibilité au printemps 1990 dans les préparatoires du « Grand Steeple » avant de le remporter ! Au total, il réalisera le triplé dans la plus belle épreuve d’obstacle française en 1988, 1989 et 1990.
Katko, c’est une force de la nature, un cheval beau et bon, sauteur exceptionnel au train inépuisable. En chiffres, c’est 1 178 432 euros de gains, 20 victoires et 9 places en 35 sorties, sans jamais chuter. Drôle de cheval !
KOTKIJET
Cet Hongre massif, certains diront hors normes, surnommé même par son entraîneur Jean-Paul Gallorini « Tyson », lui qui est d’une robe noir éclatante héritée de son père Cadoudal, est le 10e produit de Kotkie.

Né dans l’Orne en 1995, il porte la casaque Wildenstein et débute sous l’entraînement de Jean-Pierre Dubois. Il est ensuite transféré chez le maître entraîneur de Maisons-Laffitte après sa dixième course à l’automne 1999. Avec Gallorini, finit la Province, désormais c’est Auteuil et dès sa réception, il est engagé dans les bonnes courses où il brille et entame après sa deuxième place pour sa première sortie sous l’entraînement du professeur cantilien, 9 victoires d’affilée, dont une Listed et quatre Groupe, dumais surtout une première victoire dans le Grand Steeple-Chase de Paris 2001.
Mais « Tyson » n’échappera pas au coup de la vie et aura trois carrières en une. Après ce premier succès, il est arrêté pendant deux années entières.
Il reprendra ainsi qu’au mois de juin 2003, où il rentre victorieusement avant d’enlever une Listed et un Groupe, respectivement le Prix Rigoletto et le Prix Héros XII. C’est une chute dans le Prix de la Haye Jousselin Gr.I qui lui coupera cette série avant de remporter le Prix Georges Courtois Gr.II pour se remettre de cette mésaventure. L’hiver arrive et Kotkijet se prépare pour le printemps. Il reprend ainsi le fil de ses courses pour gagner un deuxième Grand Steeple. Il tentera ensuite sa chance dans la Grande Course de Haies Gr.I, se classant troisième, puis le Prix de Compiègne, un Groupe 3 sur les haies.
Ce sera ensuite une seconde interruption de carrière d’un an et demie cette fois et un transfert dans les boxes d’Arnaud Chaille-Chaille. Objectif Grand Steeple 2006. Son programme se définit en deux courses préparatoires avant la belle. Il se classera troisième après un beau combat, mais suicidaire, en face avec Cyrlight qui baissera pavillon à l’entrée de la ligne droite. Kotkijet résistera mais pas assez et laissera la victoire et le premier accessit à Princesse d’Anjou et Rigoureux.
Arrêté pour ses débuts, trois carrières en une et trois entraîneurs différents, « Tyson » n’a pas été épargné, mais a toujours su donner tout ce qu’il pouvait. Seulement sorti deux fois des trois premiers, il a en 31 courses passé le poteau en tête à 17 reprises. Au final, ce sera deux victoires dans la plus belle des épreuves d’obstacle et un compte en banque dépassant le 1 300 000 euros !
KOTKIKOVA
Fille de Kotkita, lauréate du Prix Cambacérès Gr.1, qui a produit un vainqueur du Prix Wild Monarch (Listed) et un placé de Prix Finot (Listed), c’est une pouliche qui à de qui tenir puisque son arrière grand-mère maternelle, Kotkie, est la mère de Katko et Kotkijet. Et en digne représentante d’une famille en or, Kotkikova va savoir honorer ses origines.

Issue donc de la grande souche des K, Katko et Kotkijet en chefs de file, Kotkikova a elle aussi marqué cette prestigieuse souche du Comte Pierre de Montesson. Excellente pouliche de 3 ans sur les haies avec deux victoires de Listed et une troisième place dans le Prix Cambacérès Gr.I, elle se révèle encore meilleure sur les gros obstacles, notamment ceux de son hippodrome préféré, Auteuil. Invaincue en steeple entre le 12 novembre 2014 et le 22 juin 2015, remportant au passage trois courses de Groupe : le Prix Fleuret Gr.III, Jean stern Gr.II et le Prix Ferdinand Dufaure Gr.I qui est le « Grand Steeple » des 4 ans. Après une dernière victoire de Groupe au printemps dans le Prix La Perichole Gr.III, elle chute au Gros Open Ditch pour sa rentrée automnale, dans le Prix The Fellow Gr.III. Ce sera fini pour la saison 2015. Elle reviendra au mois d’avril 2006 sur les haies, signant deux victoires assez faciles avant d’être exportée en Angleterre pour le compte de JP McManus. Sans grande réussite, en courant seulement deux fois, elle terminera sa carrière de l’autre côté de la Manche. Au delà de sa carrière de course qui fut tout de même plus qu’honorable elle aura réussit elle aussi a marqué cette souche fabuleuse !
