Interview par @horseturfpro
Entraîneur de trotteurs bien connu des turfistes et présent dans de nombreuses instances de décisions, nous sommes allés à la rencontre de Stéphane Meunier, un homme investi et passionné.

Pouvez-vous résumer votre parcours?
J’ai tout d’abord travaillé pour Bertrand Lefevre et sa casaque qui était célèbre à l’époque puis je suis passé professionnel et j’ai entrainé pour l’Ecurie du Tremblet en tant qu’entraineur particulier. Par la suite, je suis arrivé dans mon écurie au début des années 2000.
Quel cheval de coeur a marqué votre carrière?
RECIA DU CLOSET qui a été ma première bonne jument!
Votre plus beau souvenir dans le monde des courses?
Toutes les victoires sont belles, que vous soyez en province ou à Vincennes car il y a toujours une histoire d’hommes, de chevaux, de passion derrière chacune d’entre elles. Il y a toujours une belle histoire à raconter dans les courses!
La dernière victoire d’OURASI restera un moment particulièrement marquant notamment sur le plan humain.
Vous êtes actuellement Président du SEDJ (Syndicat des Entraineurs, Drivers et Jockeys de Trot), membre du comité inter-régional de Basse-Normandie et formateur/administrateur à l’AFASEC. Pour quelles raisons êtes vous engagé dans ces différentes instances?
Je pense que j’ai hérité cela de mon père qui a toujours été très investi pour la profession. J’aime aider les autres, j’aime former et surtout donner une chance aux jeunes donc l’AFASEC et la formation me tiennent vraiment à coeur. La présidence du Syndicat me permet d’améliorer le quotidien de mes collègues sur des problématiques diverses, ce qui est primordial à mes yeux.
Avec un agenda très chargé de votre côté, comment gérez-vous la vie de l’écurie?
C’est une question d’organisation, parfois au détriment de mes salariés car je suis très rigoureux sur les horaires. Mes semaines sont réglées et millimétrés de façon optimale.
Comment voyez-vous l’avenir des courses ?
Pas sous un ciel bleu mais pas non plus un tableau noir. Nous sommes dans une époque charnière pour se réinventer. Je pense que le pari hippique n’est pas « mort » et les courses hippiques non plus. Vous le constatez facilement l’été sur les différents hippodromes ou l’engouement du public est présent et les grands événements (Prix d’Amérique, Arc de Triomphe, Diane etc) font le plein.
Cependant, nous n’arrivons pas pour l’instant à fidéliser et a capitaliser sur les personnes qui viennent sur nos hippodromes l’été. Le reste de l’année, ils ne vont pas forcément sur les champs de courses près de chez eux ou dans les PMU. L’image des courses en France est malheureusement assez dégradée et associée à du pari, donc du vice, notamment sur le plan bancaire. C’est un frein pour le développement de notre filière. Cela n’est pas le cas dans d’autres pays comme l’Irlande ou l’Angleterre…
Le grand défi est de savoir pourquoi nous n’arrivons pas à remplir nos hippodromes intra-muros. Je pense aux hippodromes parisiens bien sûr mais également à Caen, Toulouse, Reims ou Bordeaux qui sont tous pourtant très bien desservis par les transports en commun. C’est très important car bien souvent, on découvre le pari hippique en venant sur un hippodrome, pas en cherchant le canal Equidia sur la télé!
Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaiterait s’installer?
Bon courage (rires). Plus sérieusement, la filière a compris qu’il fallait aider nos salariés et nos entreprises et aller plus loin que de donner une licence. Avec l’AFASEC et les régions nous voulons donner les clés de la réussite aux jeunes qui souhaitent s’installer.
Pour quelles raisons souhaitez-vous développer votre présence sur les réseaux sociaux? Dans quel but?
J’ai toujours été présent sur les réseaux sociaux mais je pense que je n’ai pas assez développé cela et je me suis ainsi entouré d’une nouvelle équipe qui est très bien et avec laquelle nous avons la même philosophie. C’est très important pour faire découvrir notre métier et changer l’image des courses. ll faut remettre l’animal et l’humain au centre de nos priorités pour montrer au public tout ce qu’il y a derrière le pari, à savoir une filière d’excellence. Quand vous jouez 1 euro, une partie de cette somme part dans le cheval et les personnes qui travaillent au quotidien, c’est ce que nous voulons véhiculer et montrer aux gens avec mon community manager.
Un mot à faire passer à vos employés qui travaillent au quotidien avec vous?
Ils sont supers! Pour faire ce métier là, il faut être courageux donc bravo et merci à l’ensemble de mon personnel.
Nous sommes en plein meeting d’hiver. Quels sont vos chevaux à suivre pour les parieurs dans les prochaines semaines?
HYPOTHESE MADRIK qui est très attachante.

DJANGO DU BOCAGE avec lequel je vais viser le Prix Yvonnick Bodin (le 30 Décembre à Vincennes) puis il aura ensuite quelques belles courses montées dans la foulée. J’ai des 3 ans intéressants intéressants qui ont manqué de chance récemment et qu’il faudra suivre comme KOSY D’ERONVILLE.
Pensez-vous que KANTIQUE DELO peut suivre les traces de sa soeur ? (GET LOVELY DELO)
Comme sa soeur, elle me fait mal à la tête! Elle doit se façonner et donc nous allons certainement devoir attendre quelques années pour l’exploiter pleinement. Pour les turfistes, c’est malheureusement quitte ou double à chaque course…
Nous souhaitons remercier Stéphane Meunier pour son temps et sa disponibilité. Suivez-le sur ses différents réseaux (X, Facebook et Instagram)
