Mathieu Sauvajot : Bonjour à vous James Reveley et merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions pour Horseturfpro. Pour commencer, je souhaiterais revenir sur un évènement marquant, à savoir cette fameuse chute à Pau en février. Comment l’aviez-vous vécue ? Quelle est la première chose que vous vous êtes dites ?
James Reveley : Sur le moment j’avais mal partout, je ne savais pas ce qui était cassé, après j’ai su que c’était le tibia et que j’allais en avoir pendant un peu de temps. J’étais dégouté, ce n’était pas du tout le bon moment, c’était juste avant la réouverture d’Auteuil.
MS : Vous aviez souhaité reprendre très vite, environ deux mois après. Je crois me souvenir qu’il y avait eu une rechute.
JR : Oui, c’était un peu trop vite, j’ai pu monter mais j’avais quand même un peu mal. Après, j’ai prolongé un peu mon arrêt car je n’arrivais pas à monter.
MS : Avec le recul, vous considérez donc que c’était une erreur de reprendre si rapidement ?
JR : Je me suis dit « Si je peux reprendre, je vais le faire » parce que j’avais pas mal de bons chevaux à monter. Je voulais reprendre pour le Grand Steeple notamment, donc j’ai essayé, mais avec les blessures, il faut laisser faire le temps.
MS : Qu’est-ce qui est le plus difficile quand on reprend ?
JR : Une perte de force je pense, la rééducation c’est très important. Et puis, se remettre dans le rythme des courses, il n’y a rien qui remplace le fait de monter à cheval. Niveau musculaire aussi on perd pas mal, déjà, si on ne monte pas à cheval pendant deux semaines on voit que l’on n’a pas le même physique, donc au bout de deux mois, ce n’est pas facile.
MS : Depuis le mois d’avril, vous enchainez de nouveau les courses, vous montez jusqu’à cinq fois lors d’une même réunion. Toutefois, est-ce qu’il y a désormais une appréhension lorsque vous montez, que vous n’aviez pas avant ?
JR : Non, jamais, on fait toujours la même chose. Ce n’était pas la première fois que je me blessais, je ne pense pas que ce sera la dernière fois, donc on continue comme d’habitude.
MS : D’ailleurs, contrairement à certains jockeys de plat qui ont un contrat, les jockeys d’obstacle, même ceux de premier plan, montent pour un très grand nombre d’entraineurs. Mais est-ce qu’il y en a un avec qui vous aimez particulièrement travailler ?
JR : Il y en a deux, trois même. Noël George et Amanda Zetterholm, ainsi que Hugo Mérienne. Mais j’ai la chance de travailler avec beaucoup de très grands professionnels partout en France, avec qui je m’entends très bien.
MS : Je crois savoir que Noël George est un de vos amis ?
JR : Oui, exactement.
MS : Qu’est-ce que vous appréciez le plus, lorsque vous travaillez avec Noël George et Amanda Zetterholm ?
JR : Le sens du détail, le fait que l’on puisse discuter de tout. On s’écoute et c’est les entraineurs avec qui je travaille le plus souvent, comme je ne n’habite pas très loin.
MS : Noël George étant un entraineur britannique, est-ce qu’il a d’autres méthodes ?
JR : Oui, ce n’est pas comme tout le monde. Il réfléchit différemment, certaines décisions sont prises à l’anglaise, plutôt qu’à la française.
MS : L’année dernière, vous montiez notamment Goa Lil, Saint Donats et même Il est Français pour ne citer qu’eux. On doit s’attendre à ce que ce soit de nouveau le cas durant les semaines qui viennent ?
JR : En fait, Goa Lil et Saint Donats sont sur la touche donc on ne les verra pas. Il est Français va bien, il va courir lors du grand week-end d’Auteuil. Il est très, très bon.
MS : Sans trahir de secret, qu’est-il arrivé à Goa Lil et Saint Donats ?
JR : Je crois que les deux ont une tendinite, mais je ne suis pas sûr à 100% pour Goa Lil.
MS : Nous sommes à quelques semaines des 48 heures de l’obstacle, quelles sont vos ambitions pour cette année ?
JR : Faire de mon mieux pour chaque cheval, gagner avec Il est Français qui a un engagement plutôt favorable. J’aurai une bonne cartouche dans le Prix Cambacérès et peut-être avec Gran Diose, dans la Haye Jousselin.
MS : Il y aura également de très belles courses d’obstacles en Angleterre en décembre, est-ce que vous envisagez d’y participer ?
JR : Oui, normalement c’est le plan, Il est Français devrait y aller si tout se passe bien.
MS : Quels sont vos objectifs à venir ?
JR : Oui, il y a un groupe I pour les chevaux de sa catégorie, après on verra comment ça se passe à Auteuil en novembre.
MS : Je me souviens que l’année dernière, vous m’aviez confié souhaiter remporter encore une cravache d’or et un Grand Steeple avant la fin de votre carrière. Mission accomplie pour la cravache d’or, mais si vous veniez à remporter le Grand Steeple cette année, auriez-vous de nouveaux objectifs ? Ou au contraire, toute victoire serait un bonus ?
JR : Tout est un bonus maintenant (rires), mais il faut toujours avoir des objectifs. J’aimerais bien gagner une belle course en Angleterre également.
MS : Le Grand National par exemple ?
JR : Oui, par exemple.
MS : Vous pensez participer l’année prochaine ?
JR : Je ne sais pas, malheureusement ça tombe souvent le même jour que des bonnes courses à Auteuil, donc je ne peux pas participer. Mais si jamais je peux oui, avec plaisir.
MS : Du coup, vous favorisez toujours les courses en France ?
JR : Oui, j’ai des responsabilités ici.
MS : Enfin, que peut-on vous souhaiter pour les mois à venir ?
JR : De garder la même forme qu’en ce moment, ce serait bien !
Un grand merci à JAMES REVELEY pour son temps et sa disponibilité pour HORSETURFPRO.
Crédit Photo : Toutes les photos de l’article proviennent de JAMES REVELEY.

