L’Iton de l’intérieur by Tiphaine: Territoire et performance!

Par @LevesqueTip

L’effet de l’environnement sur la croissance des poulains est important et possède une influence notable sur leur comportement, leurs performances futures et leur santé. C’est ainsi qu’il existe des « terres de cheval » telles que la vallée du pays d’Auge ou la plaine de Nonant-le-Pin, connues pour avoir donné naissances à de nombreux champions. C’est également pour cela que certains millésimes, ayant bénéficié de conditions pédoclimatiques favorables, peuvent se montrer particulièrement performants. Je pense par exemple à la génération des « B » soutenue au plus haut niveau ces dernières années par les cracks Bold Eagle, Belina Josselyn, Bird Parker et tant d’autres ! La gestion des prairies, où les chevaux passent la majorité de leur temps, est donc une science importante que doivent maitriser les hommes de terrain.

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La performance du cheval dépend notamment du territoire sur lequel il évolue dès sa jeunesse. 

La qualité du sol est un premier facteur important pour le bon développement du poulain. Tout d’abord en termes de dureté car celui-ci peut avoir des conséquences sur les aplombs des jeunes chevaux. Au haras, nous avons par exemple remarqué que lorsque les sols deviennent secs, certains poulains peuvent avoir tendance à se redresser sur leurs aplombs, on dit qu’ils « se piquent ». Si le problème n’est pas pris à temps, cela peut entrainer des douleurs de pied chez le cheval. De plus, de mauvaises conditions de sol peuvent également être à l’origine de troubles ostéo-articulaires, on parle d’ostéochondrose, dont les premiers signes cliniques se manifestent par de petits morceaux d’os dans les articulations. Si ces morceaux s’avèrent gênants lors de la mise au travail, il faut alors prendre la décision d’opérer. On comprend alors l’importance du maintien de prairies confortables.

Néanmoins notre activité est perverse car la mise au pâturage d’équidés exerce une force de compactage importante sur le sol. En plus de son effet direct sur les aplombs et les articulations des chevaux, ce compactage peut également avoir un effet indirect puisqu’il diminue la capacité d’enracinent de la flore et l’activité des micro-organismes. Les plantes ont alors un accès plus limité aux protéines, minéraux et oligoéléments du sol, ce qui diminue inévitablement la qualité nutritionnelle de la prairie. Cette conséquence est très importante car il ne faut pas oublier que le cheval est un herbivore monogastrique dont les rations doivent principalement être constituées de fourrages. La qualité de l’herbe, qu’elle soit consommée sur pied au pâturage ou qu’elle soit destinée au foin, est donc un enjeu majeur tant pour l’activité d’élevage que d’entrainement. Tout d’abord d’un point de vue financier, car une bonne qualité de fourrage peut permettre d’éviter l’apport de certains compléments alimentaires, mais également en termes de performance. En effet, à l’élevage une bonne qualité de fourrage peut permettre de couvrir les besoins en acides aminés indispensables, et notamment en lysine qui est le premier acide aminé limitant. Ces acides aminés qui agissent comme des « briques » dans l’organisme permettent d’optimiser l’augmentation de la masse corporelle des chevaux en croissance. Le pâturage mixte, avec des bovins par exemple, peut être un levier à cette optimisation car il est favorable à une diversité floristique dans les prairies qui se traduit également par une diversité en termes de nutriments. A l’entrainement, une bonne qualité de fourrage peut permettre de diminuer un peu l’apport d’amidon dans la ration, connu pour être la première source énergétique du cheval à l’effort mais aussi être corrélé un certaines pathologies telles que les ulcères ou les coups de sang. Et ceci n’est qu’un petit aperçu des nombreux bénéfices d’un fourrage de qualité !

Enfin, outre l’effet interne à notre activité, la gestion et l’entretien des prairies permanentes participe à l’aménagement des territoires ruraux et au maintien de la biodiversité. De plus, celles-ci participent activement à la lutte contre le réchauffement climatique puisqu’un sol vivant et qui fonctionne bien peut stocker jusqu’à 500 kg de carbone par hectare et par an ! L’activité d’élevage et d’entrainement de chevaux est donc importante pour nos territoires et pour les services écologiques qu’elle permet !

A très vite pour de nouvelles aventures au Haras De l’Iton!

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